Parcours

Claire Wastiaux

Artiste visuelle française formée à Montréal et Singapour, je travaille entre photographie, illustration et multimédia. Mon univers visuel mêle photomontage analogique et numérique, influencé par l’art optique de Vasarely, les photomontages d’Yves Klein et le surréalisme de Magritte. Mes compositions géométriques flottent dans des espaces photographiques, à la frontière de l’illusion et du réel.

Formation

Université du Quebec à Montreal, Montreal, Diplome d’Arts Visuels 1990-94

Raffles School of Design, Diplôme de Design Multimedia Singapour 2004-2005

Residences

Centre d’Art Passage, Troyes 2000

Prix Renoir, Essoyes 2001

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Mes travaux récents explorent la manipulation photographique. Fragmentées en figures géométriques simples, mes images offrent au regard une perception diffractée du réel, comme autant d’éclats d’un paysage ou d’une nature morte oubliés. Des occurrences nouvelles, flottantes, qui prennent forme dans l’espace photographique et viennent raviver un instant de mémoire suspendu, figé dans le temps.
Regard, mémoire, histoire : ces trois lignes invisibles tracent la géométrie intime de mes séries — qu’il s’agisse du mythe de Cythère revisité sur les côtes néo-zélandaises, de la beauté captée à travers un graffiti, des itinéraires flous et lumineux de mes voyages, ou de ces paysages entrelacés qui expriment, dans leur tremblement, la fugacité et l’impermanence.

Parfois, les souvenirs — comme les pixels — s’effacent, disparaissent ou se volatilisent avec le temps. Leur absence laisse alors émerger, par analogie, d’autres lieux, d’autres instants. Ces souvenirs sont réinterprétés, reconstruits, parfois même altérés. Ils se superposent à l’image originelle, en adoptent les nuances et les motifs, et font plier doucement les contours du réel.

Car la mémoire, inlassablement, recrée les pixels manquants de son propre récit. Elle reconstruit les vides, ajuste les lumières, adapte les formes et colorie les absences selon le regard de celui qui se souvient.

C’est ce lien organique entre la mémoire et le regard, entre l’intime et l’environnement, qui guide mon travail photographique. Depuis les lignes de fuite marines infinies du Pacifique jusqu’aux variations lumineuses des ciels australs, se forment des instants géométriques suspendus flottant dans l’espace pixellisé de mes images. Et le résultat se situe quelque part entre les rêves surréalistes de Magritte et les vibrations optiques de Vasarely.